L’Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (UNICEM) vient de publier le nouveau numéro de sa Lettre mensuelle de conjoncture.
Cette publication présente les bilans des mois précédents et les tendances qui se dessinent pour les matériaux de construction issus de l’industrie minérale (granulats, béton prêt à l’emploi, etc.).
Pour l'essentiel :
Le vote du PLF 2026 le 23 janvier met fin à plusieurs mois d’incertitudes budgétaires et clarifie les orientations politiques pour la filière construction. Le gouvernement annonce un programme « Relance Logement » visant 2 millions de logements d’ici 2030 (dont 175 000 dès 2026), incluant notamment le dispositif « Jeanbrun » en faveur du locatif (statut du bailleur privé) et une enveloppe de 500 M€ pour 700 bailleurs sociaux en 2026. Ajoutées au PTZ rénové en 2025, ces mesures sont destinées à relancer l’immobilier neuf, avec une première évaluation prévue à l’automne. Côté matériaux, 2025 se termine sur un recul de 3 % pour le BPE et de 1 % pour les granulats : la demande de BPE pourrait se consolider, tandis que celle de granulats resterait pénalisée par le retournement du cycle des travaux publics lié aux municipales.

Décembre, plutôt meilleur :
En décembre, l’activité des matériaux s’améliore par rapport à novembre mais reste inférieure à celle de fin 2024, qui avait bénéficié d’un redressement. La production de granulats progresse de +2 % sur un mois, tout en reculant de -2,6 % sur un an ; au quatrième trimestre, elle augmente de +1,5 % par rapport au trimestre précédent mais baisse de -1,6 % sur un an. Sur l’ensemble de 2025, l’activité granulats recule de -0,6 %, pour un volume légèrement inférieur à 274 millions de tonnes (hors recyclage). Le BPE enregistre une hausse mensuelle de +2,9 % en décembre et se stabilise quasiment sur un an (-0,3 %) ; au quatrième trimestre, la production progresse de +1,1 % mais reste en retrait de -0,8 % par rapport à 2024. L’année 2025 se clôt ainsi sur un recul de -2,9 %, soit 32,5 millions de m³. L’indicateur matériaux, disponible sur onze mois, affiche une baisse de -1,2 % ; en novembre, il recule de -1,8 % sur un mois et de -4 % sur un an. Sur septembre-novembre, l’activité du panier progresse légèrement de +0,5 % sur le trimestre mais diminue de -1,1 % sur un an, le BPE, le ciment, les mortiers et les granulats restant en territoire négatif.
Un plan d'urgence pour le logement :
En janvier, le climat des affaires dans le bâtiment reste stable selon l’INSEE, sans tendance marquée, à l’exception du non-résidentiel dont les perspectives restent haussières. Dans le logement neuf, les anticipations demeurent en deçà de la moyenne de long terme. Les carnets de commandes du gros œuvre sont stables (8,6 mois), à un niveau supérieur à la moyenne historique, mais l’enquête Banque de France indique qu’ils restent inférieurs à la normale et ne progressent plus. Les promoteurs se montrent un peu moins pessimistes sur la demande et le financement, mais restent réservés sur les mises en chantier, notamment dans le logement social. Fin janvier, le gouvernement a annoncé un pacte d’urgence visant 400 000 logements par an, avec la création d’un « statut de bailleur privé » pour soutenir 50 000 logements locatifs dès 2026 et 500 M€ pour les bailleurs sociaux (125 000 logements). En 2025, 274 611 logements ont été construits (+5,4 % sur un an mais -21 % par rapport à la moyenne quinquennale). Les mises en chantier progressent nettement au quatrième trimestre (+21,8 % sur un an), tandis que les permis, en hausse annuelle de 15 %, ralentissent en fin d’année (-2 % sur le trimestre). L’individuel reste dynamique, avec des ventes de maisons en hausse de 33,6 % en 2025, malgré un ralentissement en fin d’année. Dans un contexte plus apaisé et avec des intentions d’achat élevées, aucun retournement du marché du diffus n’est anticipé pour 2026.

TP, dégradation :
En janvier, l’enquête de la FNTP signale une nette dégradation à la fois de l’activité passée et des perspectives d’activité des travaux publics, avec des soldes d’opinion retombant à des niveaux inédits depuis 2015 (hors crise sanitaire). La détérioration est plus marquée pour la clientèle publique que pour la clientèle privée, sous l’effet des municipales à venir et des contraintes budgétaires qui freinent les projets des collectivités. Depuis six mois, la moitié des entreprises déclarent souffrir d’un manque de demande. Sur l’année 2025, les marchés conclus reculent de 10,4 % et les travaux réalisés stagnent (-0,4 %), traduisant une fin anticipée du cycle électoral, un an avant les élections.
Pour plus d’informations, vous pouvez télécharger la Lettre Mensuelle de Conjoncture de février 2026 via ce lien :
https://bo-adherent.unicem.fr/resource/LMC-153-FEVRIER-2026.pdf
